Tour de l'Aisne 2012

 

17-18 Novembre 2012

 

Récit de l'équipage  Patrick Malherbe et Joseph Lambert sur Porsche 911 2,4S de 1972

 

 

Il s'agit d'un rallye de régularité assez sportif, bien organisé par Pablo Castelain dans la région de saint Quentin-Laon en France .C'est la 16ème édition de ce rallye

65 voitures au départ à l'hôtel du golf de Chamouille qui sera le centre du rallye pendant trois jours. Les conditions sont  assez difficiles, brouillard et routes étroites rendues très glissantes à cause de la boue en pleine période de récolte des betteraves.

Mais le rallye est traditionnellement bien tracé sur des routes intéressantes du point de vue pilotage et surtout très peu fréquentées. L'ambiance du rallye est toujours très sympathique.

J'ai comme équipier pour la première fois, Joseph Lambert, un copilote plus que confirmé, vainqueur entre autres de trois Monte Carlo Historique et récemment du rallye du Portugal.

Ma Porsche 911 2,4 S de 1972 est parfaitement au point et  le tripmaster a été bien étalonné après le contrôle technique du vendredi soir, le nr 38 nous a été attribué.

Nous partons dans l'ordre des numéros samedi matin tôt, dans le brouillard et sous un fin crachin. Après 5 minutes environ, nous plongeons dans la 1ère ZR (étape de régularité à la seconde) avec un autostart. La table de moyenne et le roadbook étant remis aux concurrents au moment même  du départ, pas question de préparer à l'avance.

Très vite Joseph constate que quelque chose cloche avec les distances qui ne correspondent pas au roadbook. Il essaie de réétalonner tout en roulant, mais sans succès.  les infos du trip ou du roadbook sont farfelues, pourtant hier soir, tout  était parfait. Pas le temps de s'arrêter, à ce rallye les temps sont très serrés et les étapes de régularité s'enchainent, entrecoupées de nombreuses sections de navigation à la carte. Nous faisons trois ZR sans informations fiables de distance et après deux heures environ, lors d'une pause  de 10 minutes, je vérifie le raccordement du trip et constate qu'un petit fil provenant de la sonde est à moitié détaché et que ce doit être la cause de notre problème.

Nous repartons, le trip fonctionne enfin correctement, mais nous craignons avoir perdu beaucoup de temps dans l'aventure. A midi au déjeuner organisé dans la maison de champagne Panier, le classement nous donne à ma surprise la troisième place. Il est vrai que nous n'avons pas fait d'erreur de parcours, qui est parfois difficile au niveau navigation avec des faux CP (contrôle de passage) et des cartes pas toujours facile à lire. Beaucoup de gens ont jardiné. Ce rallye ce jouera, malheureusement, plus sur la navigation et les CP faux ou ratés qui coutent 180 points, que sur la régularité en ZR et le respect des temps aux contrôles horaires. Nous repartons pour une longue après-midi sur des routes très boueuses et glissantes ou nous devons à plusieurs reprises dépasser des concurrents  partis devant nous pour arriver à pointer dans les temps. Nous serons toujours à l'heure et même en avance mais cela au prix d'un rythme très s British Heritage certificate et 100 M Registryoutenu, ce qui est un vrai plaisir au volant de la Porsche. Pendant le rallye, souvent  Joseph déploie ses carte d'état-major de la région pour se repérer par rapport au roadbook , tout en me donnant la direction à prendre et m'indiquant en fonction des tables reçues au départ de chaque ZR mon avance ou retard à la seconde tous les 200mêtres environ, je ne sais pas comment il fait. Sur le routier des pièges de navigation sont nombreux et nous craignons avoir manqué des CP.(des lettres à relever ou des pinces servant à perforer le carnet de bord)

Soudain dans un virage, quelqu'un nous fait signe de ralentir, et nous voyons une dizaine de voiture du rallye arrêtées sur le côté. Une voiture est sortie de la route et s'est arrêtée en contrebas contre un  arbre. Il s'agit d'une Triumph Spitfire  pilotée par un équipage féminin.

La voiture est  penchée sur le côté le toit écrasé à droite et les deux filles bloquées dedans, la tension est perceptible. La voiture est remise sur ses roues par les autres équipages et les filles réussiront enfin à sortir. Par miracle, à part une petite coupure au front  pour une des deux, nous apprendrons plus tard qu'elles s'en sortiront sans bobos.

Le rallye continue à un rythme soutenu et la lumière commence à décliner et la visibilité devient très mauvaise, il me semble que mes phares n'éclairent plus du tout, cela devient problématique au-delà de 80 à l'heure sur des routes boueuses de trois mètres de large.

Une petite pose me permettra de nettoyer mes phares qui étaient couvert de boue, avant de repartir pour l'étape de nuit, alors que nous roulions déjà dans l'obscurité depuis plus d'une heure. Je vois enfin un peu mieux et nous continuons  de plus belle, il semble que plusieurs voitures manquent à l'appel car nous suivons de bien plus petits numéros.

Vers la toute fin de l'étape, il est environ 20 heures et nous roulons quasi non-stop depuis 9h du matin, Joseph se fait piéger par un carrefour représenté par une case sans boule. La case suivante est un quitté gauche à 2500 mètres. Arrivés à cette distance exacte, un petit chemin effectivement., Je constate qu'il est en terre, mais Joseph sûr de lui me dit d'y aller. Nous roulons deux kilomètres entre les champs, dans un chemin qui nécessiterait un 4X4, j'ai peur de rester dedans. Je réussis à faire demi-tour dans un champ, la bonne motricité de la Porsche nous aide à en sortir. Nous tournons sans retrouver la bonne route avant de retomber un peu par hasard sur la route de Chamouille ou est l'arrivée. Nous pointons avec quelques minutes de retard mais hélas avons loupé un CP dans l'aventure.

Le dimanche matin le classement affiché nous apprend que nous sommes  8 èmes, quatre CP manquants nous coutent 720 points et la première place.

Nous repartons pour l'étape du dimanche matin qui s'annonce piégeuse et pourrait bouleverser le classement. Le brouillard se dissipe rapidement, il pleut, mais la visibilité est bien meilleure que la veille. La première ZR se passe très bien. Dans une longue liaison, une pause café croissant est annoncée dans une mairie où est installé un contrôle horaire.

Heureusement Joseph constate qu'un autostart de ZR est quelque kilomètres plus loin et que l'horaire maintient la moyenne à cinquante sans tenir compte de la pause. Pas question de café , juste un petit pipi et encore... Je saute dans la voiture et démarre à fond les manettes. Nous rattrapons rapidement trois concurrents partis devant, ils se trainent sans doute impressionnés par la route glissante. Les dépasser sur les petits chemins n'est pas toujours évident, Joseph bouillonne, mais je préfère attendre que la route s'élargisse quelque peu plutôt que de risquer de forcer le passage à tout prix et provoquer de la casse. On en passe un, puis les deux autres. Nous approchons de notre départ de ZR mais deux voitures sont arrêtées devant nous par le commissaire qui remet la table de moyenne. Notre heure idéale de départ est dépassée de 50 secondes quand nous pouvons enfin nous lancer dans la spéciale. Grosse attaque, très vite je rattrape le concurrent partit devant qui heureusement s'écarte rapidement. La Porsche vole en glissade d'un virage à l'autre. Soudain après trois kilomètres environ, Joseph m'indique que nous sommes rentrés dans les temps, je dois ralentir pour me mettre  à la moyenne qui est d'environ 50kmh, zut, c'était plus drôle avant...

1 kilomètres plus loin, nous roulons dans notre seconde idéale quand nous croisons une voiture de gendarmes, chance que je ne l'ai pas croisé trois minutes plus tôt...

Le reste de l'étape se passe très bien pour nous et nous arrivons à Saint Quentin vers 13 heures avec une voiture heureusement intacte, c'est là qu'est le diner de clôture et la remise des prix. De l'avis de plusieurs participants, cette édition du rallye fut la plus dure tant au niveau des conditions météo que de la difficulté de navigation. Une cinquantaine de voitures environ rallieront l'arrivée, pas mal de pépins mécaniques et de travail pour les carrossiers, des concurrents se sont malheureusement même télescopés.

Au final, nous remportons la coupe des vainqueurs en classe 4 (plus de 2000cc) et sommes classés 4ème au général, nous avons  remonté 4 places sur la petite étape du dimanche.

Le rallye est remporté par un équipage local sur une Alpine A110 1600S .

 

 

Patrick Malherbe


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